Sauvetage du fret ferroviaire : Jean Castex part en mission 31/08/20

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Source: https://www.transportinfo.fr/sauvetage-du-fret-ferroviaire-jean-castex-part-en-mission/

 

Sauvetage du fret ferroviaire : Jean Castex part en mission

31 août 2020 Marc Fressoz Politique & réglementation 0

Le nouveau Premier ministre Jean Castex veut ouvrir les vannes pour relancer le fret ferroviaire. Reste à savoir s’il sera plus efficace que les précédents gouvernements. Décryptage.

Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, nommé le 3  juillet, a d’entrée de jeu affiché son volontarisme en faveur du fret ferroviaire, « un sujet central » à ses yeux. En clair, de l’argent va être déversé sans que l’on sache si cela servira à quelque chose. Les actions concrètes en faveur du rail seront intégrées au plan de relance de l’économie dont l’exécutif a retardé la divulgation début septembre. En attendant, le 27  juillet, sur le terminal multimodal de Bonneuil-sur-Marne utilisé par T3M ou Novatrans, le chef de l’exécutif a tracé les grandes lignes. Une décision touchera tous les trains de fret : « la gratuité des péages jusqu’à la fin de l’année 2020 et une division par deux […] en 2021, du prix de ces péages » a-t-il annoncé. Grâce à ces incitations qui doivent faire baisser les tarifs du combiné, l’État espère voir 20 000 poids lourds de moins sur les routes en 2021, soit 425 000 tonnes de CO2 de moins selon Matignon. Tous les segments ne sont pas logés à la même enseigne.

 

GNTC

Le chef du gouvernement a la « ferme intention de rouvrir et développer les autoroutes ferroviaires […] pour que les marchandises qui circulent sur nos autoroutes et nos routes puissent circuler par le train. » Comment ? En sortant des cartons un tas de projets. Des appels à projets seront lancés d’ici à la fin de l’année pour les lignes Bayonne-Cherbourg (sur laquelle Brittany Ferries a des visées), Sète-Calais et Perpignan-Rungis, que l’État aimerait voir prolongée d’Anvers jusqu’à Barcelone. Reste que si les autoroutes ferroviaires ont un indéniable effet médiatique, leur efficacité dans le report modal et leur coût posent question. VIIA, la filiale de la SNCF qui exploite les autoroutes ferroviaires existantes affiche un trafic de 109 000 UTI en 2019. C’est l’équivalent de 25 jours de trafic des navettes Eurotunnel (1,6 million de poids lourds en 2019). C’est mieux que rien mais l’activité, certes perturbée par les grèves SNCF, est un panier percé. En 2017, VIIA a perdu 18 millions sur 17,3 millions de CA, et 13 millions en 2017. Autre axe jugé plus crédible par les professionnels, le développement du transport combiné rail-route. « C’est l’avenir » a répété Jean Castex.

 

Des déclarations encourageantes selon le GNTC

De façon incantatoire comme ses prédécesseurs, il a affirmé qu’« il faut restructurer la gestion du fret ferroviaire et améliorer sa compétitivité ». Le GNTC, membre de la coalition 4F qui a présenté ses demandes en juillet, juge « encourageantes » ces déclarations. Son président Jean Stempezynski ne se contentera pas de « cette première étape ». Rappelons que pour tripler la part du combiné d’ici 2030, le groupement attend notamment des travaux d’amélioration du réseau pour garantir des trains à l’heure et de nouveaux terminaux pour pouvoir enregistrer plus de volume.

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